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ENFANT DELINQUANT ( 2/3)

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1 ENFANT DELINQUANT ( 2/3) le Jeu 27 Aoû - 18:32

MOHAMMED


Mini Brindille
Mini Brindille
AGITATION A LA CRECHE, BAGARRES EN MATERNELLE, MENSONGES FREQUENTS… UN ENFANT IMPULSIF EST-IL UN FUTUR DELINQUANT ?
LE MENSONGE EST NECESSAIRE (SUITE)
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QUESTION : Vous avez montré combien le cerveau des musiciens, notamment, témoigne de cette formidable plasticité…

Catherine Vidal. - Cela a été examiné chez les pianistes : leur cortex cérébral est plus épais et plus riche en connexions dans les zones qui contrôlent les doigts et la vision. Ces modifications sont d’autant plus grandes que l’apprentissage a commencé tôt. Mais cette plasticité du cerveau existe aussi chez l’adulte. Le fait d’apprendre à jongler avec trois balles, par exemple, entraîne l’épaississement des régions qui contrôlent la coordination des bras. Que l’on cesse de jouer ? Les zones épaissies rétrécissent. Notre circuiterie neuronale est donc en perpétuel devenir. Voilà pourquoi avancer que tout se joue avant 6 ans est une contrevérité scientifique.
Les psys nous ont cependant appris que plus on traitait tôt les troubles, plus on était efficace… Est-ce qu’évaluer les jeunes enfants ne peut aussi participer d’une démarche préventive ?

Sylviane Giampino. - Certes, mais tout dépend de ce que l’on appelle « trouble ». Considérer l’impulsivité d’un enfant de 4 ans comme facteur de risque pour l’avenir est à mon sens aberrant. C’est nier les étapes du développement normal d’un enfant. Prenez le mensonge, qui serait, selon les critères d’évaluation de certains tests, un indicateur de trouble de la personnalité. C’est absurde, car c’est à cet âge que se mettent en place les catégories du réel et de l’imaginaire. C’est une phase de construction nécessaire de l’intimité de l’enfant, une manière de protéger sa vie intérieure, d’être moins « transparent » à l’égard de ses parents. Et de devenir moins influençable.
De la même manière, les « petits voleurs » de bicyclettes ne sont pas des délinquants en culottes courtes ?

Sylviane Giampino. - Certes, non ! L’enfant de 3 ou 4 ans qui chaparde le doudou de son copain ne veut qu’une chose : entrer en relation avec l’autre ! Se bagarrer n’est pas toujours agresser, mais se mesurer. Aurait-on oublié tout simplement que jusqu’à 5 ou 6 ans un enfant est en priorité « psychomoteur » ? C’est à travers ses sensations, son exercice musculaire, à travers le mouvement et le contact qu’il apprend à penser. Le goût d’apprendre débute par l’appropriation physique des choses. L’enfant n’est pas voleur ou hyperactif pour autant !
Catherine Vidal. - Nous assistons à une évolution du lexique. Il y a encore peu de temps, on qualifiait les enfants de « coquin », « chameau », « petit diable ». Aujourd’hui, dans le langage, on substitue à ces mots bienveillants des termes issus du registre médical ou policier : opposant, hyperactif, introverti… C’est stigmatisant.

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